25/10/2017 – Une fois de plus la Commission ne tranche pas entre Monsanto et les citoyens

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Une fois de plus La Commission ne tranche pas entre Monsanto et les citoyens
La FUGEA soutient la position du Parlement

 

 

 

Déjà reportée plusieurs fois, la commission n’a toujours pas su prendre ses responsabilités face à l’épineuse question du glyphosate.
La FUGEA (Fédération Unie de Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs) défend le respect du citoyen et la durabilité de notre agriculture: la production d’une alimentation saine et de qualité, le maintien de fermes nombreuses, actuelles, mais aussi futures, le maintien de la vie du sol, de la biodiversité, des ressources naturelles. La FUGEA défend donc la position du Parlement, mais tient cependant à souligner plusieurs points inhérents à l’interdiction du glyphosate.

Soutenir les fermes

Les herbicides sont directement liés à notre modèle agricole dominant et il est difficile de les isoler comme de simples facteurs substituables. Les besoins de l’industrie, la sélection variétale et la diminution de main d’œuvre rendent plusieurs filières directement dépendantes des pesticides. L’interdiction du glyphosate ne peut mettre les exploitations wallonnes en péril. Les grands gagnants de cette dépendance aux pesticides restent cependant les agro-industries chimiques, et il est donc urgent de soutenir l’autonomie des fermes face à ce type d’intrants. La transition vers des pratiques innovantes est nécessaire mais nécessite un temps long…
L’interdiction du glyphosate doit être couplée à un engagement politique ambitieux en termes d’accompagnement technique et financier des fermes, de mise en place de conseil neutre, de moyens de recherche d’alternatives et surtout de leur accessibilité aux agriculteurs.

Déployer des alternatives

Le glyphosate pose des questions sanitaires et environnementales mais aussi d’organisation de filières et de notre système alimentaire dans sa globalité. Le progrès, au-delà d’être technique, doit aussi être social. Nos changements de pratiques doivent s’accompagner de qualité différenciée mais aussi d’impacts économiques positifs. Si les producteurs veulent gagner la reconnaissance des citoyens tout en veillant à la qualité nutritionnelle des aliments, les consommateurs doivent eux aussi afficher leur soutien à l’agriculture qu’ils demandent, par leurs choix quotidiens de consommations.

Rester attentif face à certaines formes d’hypocrisie

L’interdiction du glyphosate, pesticide médiatique, ne devra pas taire les effets de produits aussi (voir plus) nocifs dont la licence est maintenue. Par ailleurs, la disparition de cet herbicide ne doit pas faire la place à des alternatives aux effets comparables et proposées par ces mêmes agro-industries chimiques.
Finalement, les nouvelles contraintes de l’agriculture européenne ne protégerons pas les citoyens du glyphosate. Les cultures transgéniques et particulièrement le soja, indéniable auxiliaire du glyphosate, continueront d’inonder le marché européen. Et les perspectives ne sont pas réjouissantes à l’heure de la multiplication des traités de libre-échange, funestes accords pour nos exploitations. L’augmentation des normes environnementales européennes doivent aussi s’accompagner d’une meilleure protection de nos systèmes de production !

La majorité du bétail européen est dépendant de ce soja américain. L’autonomie de nos élevages, préconisée par la FUGEA et pratiquée par de nombreux éleveurs wallons, permet de s’affranchir de ces importations. Une alimentation exempte de glyphosate ne sera possible qu’en se tournant vers les productions de proximité et transparentes.

Contact presse :
Philippe Duvivier (Président) : 0491/56.33.86
Florine Marot (Chargée de mission environnement) : 0499/75.05.06

 

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