Un secteur en difficulté économique, les pistes d’avenir

La volatilité du marché des intrants et du prix du porc

Le prix du porc payé à l’éleveur, tel est le nerf de la guerre de ce secteur. Celui-ci fluctue fortement d’une année à l’autre, voire d’un mois à l’autre. Cela ne permet plus de payer les coûts de production de plus en plus importants auxquels les éleveurs doivent faire face. Les prix à la production ne sont pas rémunérateurs de manière structurelle en raison du manque de régulation du secteur au niveau européen et belge.

La volatilité du marché des intrants (prix des céréales, des protéines, de l’énergie) engendre, selon la période, des difficultés pour les producteurs…qui doivent puiser dans leur trésorerie parfois déjà bien entamée. Par ailleurs, les éleveurs de porcs doivent se conformer à des exigences très strictes en matière de santé, de bien-être animal et d’environnement…des coûts qui ne se répercutent absolument pas dans le prix final.

Le prix est imposé par l’ensemble des intermédiaires et la grande distribution. Les éleveurs de porcs sont le maillon faible de la filière, comme dans le secteur laitier.

Ainsi les producteurs de porcs, notamment ceux en circuit fermé, se retrouvent sur le marché avec un faible « pouvoir de négociation » dans la chaîne d’approvisionnement. Ils subissent le dictat des prix bas et des hautes marges des distributeurs, en position de force pour imposer leurs prix et autres conditions d’approvisionnement. Ce déséquilibre des forces en présence contribue manifestement à la situation économique de plus en plus précaire des producteurs. Les distributeurs imposent notamment des ristournes dans leurs prix au détail et des marges-arrières aux producteurs dans le but d’attirer les consommateurs, sans prendre en compte la suppression des bénéfices que de telles pratiques entraînent à l’échelle des éleveurs.

Les revendications de la FUGEA
Son implication auprès des autorités compétentes

La FUGEA insiste auprès du Ministère de l’Agriculture pour prendre tous les secteurs de l’élevage, et notamment le secteur porcin, en considération. Nous insistons à chaque réunion  de concertation pour ne pas laisser les éleveurs de côté. Chaque secteur a une place à prendre en Wallonie. La FUGEA tient à leur rendre leur légitimité.

Dans ce contexte, la FUGEA revendique des mesures sur le moyen et le long terme. La FUGEA milite auprès de la Région wallonne et auprès de la Commission européenne via son implication dans son organisation européenne La Via Campesina (ECVC) pour une régulation de la production porcine.

Deux fois par an, la FUGEA est invitée à participer, via ECVC, au groupe de Dialogue Civil sur la viande porcine. A chaque réunion, nous insistons sur la nécessité de réguler le marché afin de favoriser un prix du porc rémunérateur pour l’éleveur. La recherche de marchés d’export ne résoudra pas le problème du secteur. Les marchés extérieurs ne sont pas extensibles à l’infini.

La Commission européenne ne veut pas entendre parler de régulation mais la régulation est déjà effective, elle passe par une diminution drastique des éleveurs. Il est temps de changer la donne, de réinstaller des éleveurs de porcs tout en limitant la production de porcs en Europe.

 

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