22/02/2017 A qui profitent réellement les Jours sans viande ?

SUITE À L’ANNONCE DE LA CAMPAGNE « 40 JOURS SANS VIANDE», LA FUGEA N’A PAS MANQUÉ DE RÉAGIR POUR TENTER D’ATTÉNUER L’AMALGAME CAUSÉ PAR CETTE CAMPAGNE ET ÉVITER QU’UNE ÉNIÈME CATASTROPHE NE S’ABATTE SUR NOS ÉLEVEURS WALLONS. PARCE QUE LA COMMUNICATION ÉTAIT TRÈS MAL CHOISIE, PARCE QUE LES SPONSORS DE LA CAMPAGNE POURSUIVENT DES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES CATASTROPHIQUES POUR LA PLANÈTE ET PARCE QUE LE PUBLIC DOIT ÊTRE INFORMÉ LE PLUS JUSTEMENT POSSIBLE SUR LES RÉELS ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX, LA FUGEA A DÉFENDU SES ÉLEVEURS EN PRÔNANT «40 JOURS DE PRODUITS LOCAUX, 40 JOURS D’ACHATS DANS LES FERMES ». LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE FUT LARGEMENT DIFFUSÉ SUR FACEBOOK SANS COMPTER LE RETENTISSEMENT ÉVIDENT DE TOUTES CES DÉCLARATIONS DANS LA PRESSE. VOYEZ PAR VOUS MÊME…
Ligne du temps

Article complet paru dans la Lettre Paysanne de mars 2017

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La viande fait une nouvelle fois l’objet de critiques violentes, ses détracteurs allant jusqu’à proposer aux citoyens de ne plus manger de viande pour « sauver la planète ».

Dès l’annonce de cette action, la FUGEA n’a pas manqué de réagir par l’intermédiaire de plusieurs médias. En effet, ce type de campagne trompe le consommateur.

L’élevage wallon n’est pas comparable à l’élevage industriel dont les consommateurs ne veulent plus. Les animaux nourris à l’herbe et dans le respect du bien-être animal contribuent au maintien de nos prairies, principal élément paysager de nos régions. Ces prairies ont un rôle environnemental prédominant, l’enjeu de leur conservation rencontrant particulièrement celui de la lutte contre le réchauffement climatique et du maintien des services écosystémiques. Les prairies rendent des services tels que :

  • Le stockage du carbone (excellent pour rencontrer les objectifs de la COP 22) ;
  • La production d’oxygène ;
  • La protection du sol (pas d’érosion, pas de coulées de boue…) ;
  • La filtration des eaux ;
  • La haute valeur naturelle (pas d’engrais, pas de phyto…) ;
  • La production d’une biodiversité élevée particulière aux milieux ouverts (oiseaux, insectes, petits et gros mammifères, haies, mares, bocages, réservoirs de plantes endémiques…) ;
  • La conservation des vers de terre (espèce clé de voûte bio-indicatrice d’un sol en bonne santé) ;
  • La résilience face aux aléas climatiques ;
  • L’esthétisme du paysage (milieux ouverts, haies, mares…) ;
  • Les ressources génétiques (espèces endémiques…) ;

Aujourd’hui certains mouvements jettent le trouble sur l’ensemble des filières viandes. Or en Wallonie, la majorité de la viande consommée est produite localement, dans le respect de l’environnement. Les premiers touchés par ce type d’action, se revendiquant dénonciatrices de pratiques industrielles, seront pourtant les éleveurs locaux.

Ce type d’action « sans viande » prépare le lit de l’agro-industrie et des énergies fossiles.

Le remplacement de la viande par des aliments protéiniques (type soja) favorise l’industrialisation de l’agriculture. Transformer nos prairies permanentes en monocultures de soja et de blé, tel serait le futur d’un monde vegan. Perte de biodiversité, dépendance aux monopoles semenciers, dépendances aux OGM, aux pesticides, aux engrais, dépendance aux spéculations boursières, dépendance au pétrole. Quand il s’agit de supprimer la viande, il s’agit bien de remplacer nos calories solaires (photosynthèse => herbes => herbivores) par des calories pétrolières.

La FUGEA continue d’encourager les consommateurs, qui veulent sauver la planète, à consommer une alimentation de qualité produite localement et qui contribue à maintenir notre agriculture paysanne et durable. Les producteurs de vos régions sont compétents, respectueux de leur environnement et respectables.

 

Contact : Philippe Duvivier, Président 0491/56.33.86

Gwenaëlle MARTIN, coordonnatrice 0491/56.33.88

 

Plus de chiffres (infos : http://www.celluleinfoviandes.be/)

Voici quelques infos en réponse au fameux compteur repris sur le site « joursansviande.be » qui avance que “Par journée végétarienne, vous économisez 11 mètres carrés sur votre empreinte écologique, 1.500 litres d’eau (= 12 bains) et 2 kilos de gaz à effet de serre (= 12 kilomètres en voiture)” :

· En Wallonie, les prairies occupent 48% de la surface agricole, l’élevage n’est pas une cause de déforestation mais à l’inverse une garant important du maintien de la biodiversité. Dans les zones non cultivables (telles que nos Ardennes), les prairies sont les seules « cultures » possibles et les ruminants (bovins, ovins et caprins) sont les seuls capables de transformer l’herbe en lait et en viandes de qualité (les herbivores ont cette faculté de transformer la cellulose en nourriture assimilable par l’homme et ce à partir de l’énergie solaire). On ne peut pas parler de concurrence entre l’alimentation humaine et celles des ruminants puisque, sans eux, ces terres ne pourraient pas être valorisées.

· 60 à 80% de la ration d’un bovin est constituée d’herbe. Associée au maïs herbagé, céréales et co-produits telles que les pulpes de betteraves que les éleveurs produisent au niveau de leur exploitation ou qu’ils peuvent se procurer au niveau local, l’autonomie alimentaire peut atteindre les 85-90%, voire les 100% ! De nombreuses recherches sont en cours aujourd’hui pour accroitre cette autonomie alimentaire.

· Des 1.500 litres d’eau avancés sur le site, 90% sont constitués d’eau « verte » qui est l’eau de pluie qui tombe sur les surfaces agricoles et les prairies et cultures fourragères sont aussi considérées comme étant irriguées, ce qui n’est absolument pas le cas chez nous.

· Enfin, concernant les gaz à effet de serre, le CRA a mis en évidence dans une récente étude wallonne qu’une vache allaitante qui pâture émet 43kg de méthane par an soit l’équivalant d’une voiture NEUVE roulant 10.000km/an. Mais si les animaux émettent, il ne faut pas oublier les prairies qui y sont associées et qui agissent comme puits de carbone. Nos prairies wallonnes absorbent beaucoup : 1,6 tonnes de carbone par hectare, ce qui compense en grande partie les émissions des ruminants. La Wallonie autorise 5 bovins à l’hectare, mais en moyenne, ils ne sont que 2,5.

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